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Droit du Numérique

Le droit du numérique regroupe les règles qui s'appliquent aux données personnelles, aux contenus en ligne, aux plateformes, aux contrats informatiques et à l'intelligence artificielle. Cette fiche s'adresse aux particuliers confrontés à une atteinte en ligne comme aux entreprises qui traitent des données, exploitent un site ou déploient un système d'IA.

Droit du Numérique

Longtemps, la vie en ligne s'est réglée par les conditions générales des plateformes. Ce temps est révolu : depuis le RGPD en 2018, puis le règlement sur les services numériques (DSA) et le règlement sur l'intelligence artificielle (AI Act), un corpus contraignant impose des obligations précises à ceux qui collectent des données, hébergent des contenus ou déploient des algorithmes — et ouvre des droits directement invocables à ceux qui les subissent.

Deux conséquences pratiques. Pour les particuliers : il existe désormais des voies rapides et gratuites — droit d'effacement, procédure de notification obligatoire chez l'hébergeur, plainte CNIL, référé — souvent plus efficaces qu'un procès. Pour les entreprises : la conformité n'est plus documentaire mais démontrable, et l'absence de preuve vaut manquement lors d'un contrôle.

Troisième particularité, propre au numérique : la preuve s'évapore. Une page se modifie, un compte se supprime, des logs s'écrasent au bout de quelques mois. Le premier geste utile, avant même de consulter, est de figer l'état des lieux — captures horodatées, conservation des en-têtes de messages, constat d'huissier sur les contenus les plus sensibles.

Données personnelles. Le règlement RGPD n° 2016/679 pose les principes — licéité, minimisation, sécurité, responsabilité — et les droits des personnes ; la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978, refondue en 2018, l'articule au droit français (Légifrance). La notification d'une violation à l'autorité de contrôle sous 72 heures figure à l'article 33 du RGPD, l'information des personnes à l'article 34.

Plateformes et contenus. Le règlement sur les services numériques (DSA) n° 2022/2065 s'applique à tous les intermédiaires depuis le 17 février 2024 : mécanisme de notification et d'action (article 16), obligation de motiver toute restriction de contenu (article 17), rapports de transparence (article 15). En droit français, la loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l'espace numérique (dite loi SREN) a désigné l'Arcom coordinateur pour les services numériques et adapté la LCEN du 21 juin 2004. Les infractions de presse — diffamation, injure — relèvent de la loi du 29 juillet 1881, avec sa prescription courte de trois mois.

Intelligence artificielle. Le règlement AI Act n° 2024/1689 s'applique par étapes. Les interdictions et les obligations de littératie sont entrées en vigueur en février 2025 ; les obligations de transparence de l'article 50 — signaler qu'un contenu est généré ou manipulé par IA, marquer les sorties en format lisible par machine — ont pour échéance le 2 août 2026. Le paquet dit « AI Omnibus » a reporté une partie des obligations relatives aux systèmes à haut risque ; une échéance du 2 décembre 2026 porte sur de nouvelles interdictions et sur le marquage des contenus. Le calendrier reste mouvant : à vérifier au cas par cas.

Contrats et commerce en ligne. Le Code civil pour la responsabilité contractuelle et l'obligation de conseil du prestataire informatique ; le Code de la consommation pour l'information précontractuelle, le droit de rétractation de quatorze jours et les avis en ligne ; le Code des postes et des communications électroniques pour les cookies et traceurs, dont la CNIL contrôle activement le recueil du consentement.

Juridictions et autorités. La CNIL contrôle et sanctionne en matière de données ; l'Arcom coordonne l'application du DSA en France ; le tribunal judiciaire est compétent pour les atteintes aux personnes et le contentieux des contenus, le tribunal de commerce pour les litiges entre entreprises.

Représentation. L'avocat n'est pas exigé pour signaler un contenu, saisir la CNIL ou demander un déréférencement. Il l'est devant le tribunal judiciaire, en référé et en appel.

Situations concernées

Des contenus vous concernant circulent en ligne sans votre accord : photos, vidéos, propos diffamatoires, données personnelles.
Une plateforme refuse de retirer un contenu que vous lui avez signalé, ou a supprimé le vôtre sans explication.
Votre entreprise a subi une violation de données et vous devez décider s'il faut la notifier à la CNIL.
Vous avez reçu un contrôle, une mise en demeure ou une plainte CNIL.
Vous devez mettre un site, une application ou un CRM en conformité avec le RGPD.
Un prestataire informatique a livré un projet en retard, incomplet ou non conforme au cahier des charges.
Vous négociez un contrat SaaS, une licence logicielle, un hébergement ou une clause de réversibilité.
Vous développez ou déployez un système d'intelligence artificielle et devez identifier vos obligations.
Votre compte, votre site ou vos données ont été piratés.

Le Conseil de l'Avocat

Pour un particulier, l'apport principal est de choisir la bonne voie et le bon rythme. Toutes les atteintes ne justifient pas un procès : le signalement à la plateforme, la demande de déréférencement et la plainte CNIL sont gratuits et souvent rapides. L'avocat oriente vers l'action qui traite réellement le problème, et réserve le référé aux situations où le contenu cause un dommage immédiat. Il veille aussi au délai : en matière de diffamation publique, la prescription est de trois mois à compter de la publication, ce qui surprend presque toujours.

Pour une entreprise, il s'agit d'abord de rendre la conformité démontrable. Un registre à jour, des mentions d'information exactes, des contrats de sous-traitance conformes et une procédure de violation écrite valent mieux, lors d'un contrôle, qu'une politique de confidentialité soignée mais isolée. En contentieux informatique, la qualité du cahier des charges et la traçabilité des échanges pèsent plus lourd que les clauses de responsabilité.

Sur l'intelligence artificielle, le travail utile est aujourd'hui la qualification : savoir si un système relève des obligations de transparence, du régime des systèmes à haut risque, ou de rien de spécifique, détermine tout le reste. Le calendrier européen s'échelonne encore, et beaucoup d'organisations investissent dans des obligations qui ne les concernent pas, tout en négligeant celles qui s'appliquent déjà.

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Questions fréquentes — Droit du Numérique

Commencez par notifier la plateforme via son mécanisme de signalement — le DSA l'oblige depuis 2024 à traiter la notification et à motiver sa décision. En parallèle, une demande de déréférencement auprès du moteur de recherche limite la visibilité. Si le contenu reste en ligne et cause un dommage sérieux, le référé permet d'obtenir un retrait sous astreinte.

Trois mois à compter de la première publication, en matière de diffamation comme d'injure publique. Ce délai très court est la principale cause d'échec de ces actions : agir vite est ici une condition de recevabilité, pas un conseil d'efficacité.

Documenter la violation immédiatement, évaluer le risque pour les personnes, et notifier la CNIL dans les 72 heures si ce risque existe. Si le risque est élevé, il faut aussi informer les personnes concernées. Une notification incomplète mais dans les délais vaut mieux qu'une notification tardive et parfaite.

Oui, dès qu'il y a traitement de données personnelles — clients, salariés, prospects. Certaines obligations sont allégées en dessous de 250 salariés, mais les principes, l'information des personnes, la sécurité et le respect de leurs droits s'appliquent quelle que soit la taille.

Cela dépend de votre rôle — fournisseur ou déployeur — et du type de système. Les interdictions et les obligations de littératie s'appliquent déjà ; les obligations de transparence de l'article 50 ont pour échéance le 2 août 2026, tandis qu'une partie du régime des systèmes à haut risque a été reportée. La première étape utile est la qualification du système, avant tout investissement de conformité. *Note pour l'intégrateur : baliser cette section en données structurées FAQPage (schema.org), une entité Question/Answer par bloc ci-dessus.* --- Vous pouvez décrire votre situation via le formulaire de contact ou prendre rendez-vous au cabinet.

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