Entre un professionnel qui rédige le contrat et pratique la vente tous les jours, et un particulier qui signe, la partie n'est pas égale. La loi rééquilibre : obligations d'information, garanties automatiques, délais de réflexion, clauses interdites, sanctions des pratiques déloyales. Beaucoup de ces protections jouent de plein droit — encore faut-il les invoquer à temps.
C'est aussi un droit à double face : le professionnel honnête y trouve des règles claires, des garanties bornées dans le temps et des moyens de se défendre contre les réclamations infondées. Être professionnel ne signifie pas avoir toujours tort.
L'avocat y intervient quand la réclamation ne suffit plus : montants significatifs, adversaire de mauvaise foi, dossiers de crédit ou d'arnaque où la technique juridique fait la différence — et en défense, pour le professionnel attaqué.
Textes. La matière est régie par le Code de la consommation. Le vendeur répond des défauts de conformité qui apparaissent dans un délai de deux ans à compter de la délivrance du bien, avec un droit à réparation ou remplacement puis, à défaut, à réduction du prix ou résolution (articles L. 217-3 et suivants, Légifrance, applicables aux contrats conclus depuis le 1er janvier 2022). Le consommateur dispose d'un délai de rétractation de quatorze jours pour les contrats conclus à distance, à la suite d'un démarchage téléphonique ou hors établissement (article L. 221-18, Légifrance), le professionnel devant rembourser dans les quatorze jours (article L. 221-24).
Prescription. L'action des professionnels, pour les biens et services qu'ils fournissent aux consommateurs, se prescrit par deux ans (article L. 218-2, Légifrance) — la jurisprudence la réserve aux consommateurs personnes physiques.
Modes amiables. Tout professionnel doit garantir au consommateur l'accès à un dispositif de médiation de la consommation, gratuit pour ce dernier ; et pour les demandes en paiement n'excédant pas 5 000 €, une tentative amiable préalable est en principe obligatoire avant la saisine du juge (article 750-1 du Code de procédure civile).
Juridictions. Le tribunal judiciaire connaît des litiges de consommation ; le juge des contentieux de la protection connaît notamment du crédit à la consommation et du surendettement. La DGCCRF contrôle les pratiques sur le versant administratif.